30 avril 2019

Heure: 11h
Lieu: Pavillon Charles-De Koninck, local 3470

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Les modèles de développement mettant de l’avant l’autonomisation des individus et une participation plus active à l’économie de marché plutôt que l’assistance directe et le soutien étatique ont désormais une portée globale qui s’étend même jusqu’au secteur caritatif religieux. En Inde, plusieurs Musulmans de classe moyenne misent en effet sur l’action d’organisations caritatives musulmanes plus modernes et efficaces pour réduire la discrimination structurelle croissante à laquelle est confrontée la minorité musulmane depuis la montée de l’hindouisme nationaliste. Cette présentation examine donc les liens entre les pratiques du don musulman (zakat et sadaqa) et les approches dites néolibérales du développement. En prenant l’exemple d’une organisation caritative travaillant auprès de femmes provenant de milieux économiquement défavorisés à Lucknow (Uttar Pradesh), ma présentation illustre la façon dont plusieurs organisations refaçonnent la charité religieuse en vue de stimuler l’entrepreneuriat privé et l’autonomie financière. Les pratiques de ces nouvelles organisations musulmanes offrent donc un contrepoids aux études qui conceptualisent la charité musulmane comme une forme d’économie morale en résistance aux modèles capitalistes de développement ainsi qu’à celles qui conceptualisent la charité comme une obligation religieuse centrée avant tout sur des préoccupations plus spirituelles que matérielles. Néanmoins, ma présentation met aussi en évidence les doutes et les tensions engendrés par ces nouvelles pratiques. Les efforts de transformation de l’action caritative musulmane en Inde offrent, en ce sens, un éclairage sur des débats plus larges concernant l’autonomisation, l’assistance et la reconfiguration du rôle des États et de la société civile dans la lutte aux inégalités sociales.

 

Conférencière : Mme Catherine Larouche, postdoctorante à l'Université de Toronto

 

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