18 avril 2019

Heure: 11h45 à 13h
Lieu: DKN-3470

Détails supplémentaires

 

Faire mémoire. Regards comparés.

 

Dans une perspective pluridisciplinaire, cet ouvrage réunit, historiens, sociologues et politistes et propose une lecture croisée de mobilisations mémorielles insistant sur la mémorialisation de lieux publics tels que les places Taksim à Istanbul, Tahrir au Caire, Maïdan à Kiev, revenant sur la fabrique de mémoire collective partisane, associative et syndicale et offrant une lecture inédite d’une mémoire collective configurée dans l’espace carcéral et au-delà des murs jusqu’à l’exil des militants de la gauche radicale turque. Ce faisant, les auteurs croisent les outils de la sociologie de la mémoire et de celle des mobilisations tout en rediscutant les paradigmes chers à Paul Ricoeur (travail de mémoire), Pierre Nora (lieux de mémoire) et Maurice Halbwachs (cadres de la mémoire). Les contributions rappellent toutes combien « faire mémoire » oblige les militants à des investissements politiques longs et coûteux où la rencontre avec les autorités chargées d’arbitrer leurs prétentions oscille entre négociation et conflit. Alors que la mémoire officielle ordonne un récit national, les « minoritaires » ou « vaincus de l’histoire » puisent dans les répertoires d’action, innovent afin que leur passé ne tombe pas dans l’oubli ou en sorte. L’ouvrage s’intéresse également à la transmission au sein des organisations militantes et revient sur la manière dont la mémoire peut être mobilisée à des fins de cohésion de groupes militants et que cette quête est complexe tant les souvenirs individuels sont difficiles à agréger au collectif. Il s’agit aussi de réfléchir sur les (en)jeux d’échelles entre mémoire individuelle, mémoire de groupes mobilisés et histoire. En somme, à partir de ces analyses portant sur différents contextes politiques et sociaux (France, Allemagne, Égypte, Ukraine, Turquie), l’ouvrage invite le lecteur, la lectrice à renouveler son regard sur la fabrique mémorielle. Ont contribué à cet ouvrage : Magali BOUMAZA, Corinne CHEVALLIER, Etienne COPEAUX, Paul CORMIER, Isil ERDINC, Alexandra GOUJON, Mayada MADBOULY, Eylem ÖZKAYA, Régis SCHLAGDENHAUFFEN.

 

Conférencière : Magali Boumaza est docteur en science politique de l’IEP de Strasbourg et auteure d’une thèse portant sur l’engagement des jeunes au Front national. Elle enseigne actuellement à l’Université Galatasaray à Istanbul au département de science politique. Ses travaux portent sur les engagements radicaux de droite, les mobilisations illégitimes ainsi que sur les apports de l’enquête ethnographique sur des terrains difficiles. Ses réflexions actuelles portent sur la fabrique mémorielle au FN. Elle a récemment dirigé et coordonné avec Aurélie Campana un numéro de la Revue Signes, discours et sociétés  en 2015 et publié en 2015 “Between stigma and engagement. Young Front National activists’political careers” in Etnografia e ricerca qualitativa- 1/2015, pp.75-87.

 

Un léger lunch sera servi.
 

Bienvenue à toutes et à tous !