Polarisation, clivages et réseaux sociaux (en Belgique)
Heure: 12 h à 13h 15
Lieu: DKN-5188
Description de l'événement
La présentation repose sur la finalisation d'un livre collectif à paraître en 2026 : Benjamin Biard, Nathalie Schiffino (dir.) La démocratie en mutation : les clivages à l’épreuve de la polarisation en Belgique, Academia-Bruylant, collection ABSP, auquel Caroline Close et ses collègues ont contribué via un chapitre sur les réseaux sociaux. La trame générale du livre repose sur la théorie classique de S.M. Lipset et S. Rokkan relative aux clivages, sur l’extension de la théorie classique à de nouveaux clivages au XXe siècle, sur des lignes polarisation qui, au XXIe siècle, échapperaient à la théorie classique. En effet, des enjeux qui revêtent une portée structurelle ne s’assimilent pas pour autant à des clivages et, en cela, ces enjeux participent à la polarisation actuelle. Il s’agit, par exemple, des enjeux liés aux inégalités femmes-hommes replacés au cœur de l’actualité par les mouvements #Balance ton porc, #MeToo et par l’affirmation masculiniste, des enjeux liés au genre qui ont donné lieu à des mobilisations au sein de la communauté LGBTQIA+, ou encore des enjeux antiracistes et décoloniaux qui ont été réactivés par le mouvement transnational Black Lives Matter. Les réseaux sociaux, notamment à travers la communication des partis politiques qui en appellent aux groupes, apparaissent intuitivement comme des vecteurs d'une polarisation à la fois verticale (discours élites-peuple) et horizontale (entre différentes communautés). Il faut pourtant apporter de la nuance sur l'énoncé de sens commun selon lequel les réseaux sociaux activeraient "purement et simplement" une forte polarisation. Le livre fournit une clé importante pour cerner la polarisation à travers l'appel aux groupes qu'effectuent les partis politiques : tenir compte du contexte, notamment électoral. En cela, il nous aide à responsabiliser les mandataires politiques sur la portée de leur communication politique sur les réseaux sociaux.
- Meeting ID : 658 0778 4518
- Passcode : 417729
Biographie de Caroline Close
Caroline Close est Professeure de science politique à l’Université libre de Bruxelles. Elle mène ses recherches au Cevipol (Centre d’étude de la vie politique). Ses travaux de recherche portent sur les partis politiques, les élections, la représentation, et la communication politique dans les processus démocratiques, en Belgique et dans les démocraties avancées. Elle publie régulièrement dans les revues de la discipline (Party Politics, Representation, Political Studies, Acta Politica, IPSR). Elle s’engage dans de multiples activités de vulgarisation scientifique via des interviews dans les médias et des rapports de recherche à destination du grand public.
Travaux de recherche actuels de Caroline Close
Caroline Close est co-Principal Investigator pour l’ULB du projet interuniversitaire belge « NotLikeUs » (2022-2026). Ce projet s’intéresse aux perceptions des différences et des similarités et à la polarisation entre (groupes de) citoyen·ne·s, mais aussi entre citoyen·ne·s et élites. Au sein de ce consortium, Caroline Close développe un agenda de recherche sur le rôle des médias socio-numériques sur la polarisation. Afin d’approfondir ces questions, elle a décroché un projet ARC (Action de recherche concertée, 2024-2027) intitulé « Un compromis à la belge ? Négativité et positivité dans la communication en ligne des partis belges tout au long du cycle électoral ». Ce projet s’inscrit dans le cadre du Social Media Lab (SML) qu’elle a initié au Cevipol en 2022, et qui se veut être un observatoire permanent de la communication des partis politiques sur les réseaux sociaux numériques, en Belgique. En parallèle à ces projets, elle s’intéresse aux élections et acteurs politiques au niveau local en Wallonie et à Bruxelles, et publie régulièrement sur cette thématique. Le dernier ouvrage (« Les élections locales du 13 octobre 2024 en Wallonie et à Bruxelles: une offre politique resserrée face à un paysage politique remodelé?") est à paraître à l’automne 2025.
Biographie de Nathalie Schiffino-Leclercq
Nathalie Schiffino-Leclercq est professeure ordinaire (titulaire) à l'UCLouvain. Elle mène ses recherches à l'Institut de Sciences Politiques Louvain-Europe (ISPOLE) et, au sein de ce dernier, au Centre Montesquieu d'étude de l'Action Publique (CMAP). Elle est aussi chercheure affiliée à l'institut de recherche IRIS-L, professeure invitée à l'ENAP en 2025-2026 et à l'ULaval dont elle est membre associée du CAPP. Depuis mars 2025, elle est membre titulaire de la Classe des Lettres et des Sciences Morales et Politiques de l'Académie royale de Belgique. Ses recherches s'inscrivent en analyse des politiques publiques et en administration publique avec une focale sur la figure citoyenne dans le cadre du fonctionnement de la démocratie directe ou élective.
Travaux de recherche de Nathalie Schiffino-Leclercq
Après une thèse de doctorat sur le traitement des crises en Belgique axée sur les clivages et le consociationalisme, Nathalie-Schiffino-Leclercq a poursuivi l'investigation des controverses et des risques à travers l'analyse des politiques publiques. Aujourd'hui, dans le cadre d'une subvention FNRS-PDR (2022-2026), Nathalie Schiffino-Leclercq, son collègue le professeur Stéphane Moyson et leur équipe analysent les interactions administratives dans le secteur judiciaire en mettant en avant la figure citoyenne davantage que ne le fait la théorie de l’administration de première ligne (street-level bureaucracy). La littérature sur le fardeau administratif et celle sur le policy feedback aident à analyser les relations entre justiciables et assistants de justice (probation), juges de proximité (justice de paix et de police) et, plus récemment, médiateur·rice·s familiaux·ales (justice de la famille). Un des constats qui se dégage est qu'une part importante de la participation des justiciables se construit – ou se défait – de manière multi-épisodique dans les interactions avec les acteurs successifs de la chaîne judiciaire (demande de subvention ARC 2026-2030 soumise).