13 décembre 2019

Heure: 13h
Lieu: Pavillon Louis-Jacques-Casault, local 3632

Détails supplémentaires

 

SOUTENANCE DE THÈSE DE PASCAL DOMINIQUE-LEGAULT

Résumé:

Juin 2011. Quatre militant.e.s associé.e.s au Parti communiste révolutionnaire, soupçonné.e.s de s’être attaqué.e.s à des policiers pendant la manifestation anticapitaliste du 1er mai 2011 à Montréal, sont arrêté.e.s. Suivra, peu après, l’annonce que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait mis sur pied une escouade GAMMA (Guet des activités des mouvements marginaux et anarchistes) pour « mieux analyser ces groupes et aider les policiers de premières lignes ». Maintenant, peu importe la manifestation, peu importe le rassemblement, le SPVM déclarait la nécessité « d’être présents et d’avoir le radar bien ouvert pour déceler la présence de mouvements anarchistes ».

La thèse qui sera défendue présente une analyse de la construction et de la circulation des savoirs policiers relatifs à l’implantation, en 2010, du controversé projet GAMMA du SPVM. L’étude de cas s’intéresse spécifiquement aux savoirs policiers construits qui désignent la foule, mais également à ceux qui désignent le GAMMA comme mode d’action policier. Elle permet de mieux comprendre comment les savoirs policiers du SPVM se sont constitués dans les médias, principalement en 2011, comparativement à comment ils se sont constitués, à l’interne, au niveau de la haute direction du SPVM, entre 2010 et 2011. La thèse prend forme à partir de l’analyse du contenu d’une revue de presse (constituée notamment de 36 articles journalistiques, 20 communiqués de presse et 23 lettres d’opinion) et d’un corpus de 51 documents internes du SPVM obtenus en déployant six demandes d’accès.

Retraçant la circulation de savoirs policiers problématiques jusqu’aux documents internes de la haute direction, l’étude permet d’interroger la responsabilité de cette dernière dans la mise en place du GAMMA et dans une certaine forme de profilage politique de « haut niveau ». Notre enquête permet également de revenir sur le cadrage médiatique de la controverse sociale qui aurait été commandé par l’État-major du SPVM. Un cadrage médiatique lourd de conséquences puisqu’ultimement, il aura pour effet de désinformer le public et d’entraver la lutte contre le profilage politique. Sans détour, notre étude parvient à poser les questions du profilage politique, du déni policier, de la désinformation.
------------------
JURY

Directeur de recherche:
André C. Drainville, professeur titulaire, Département de sociologie, Université Laval

Examinateurs externes:
Rémi Boivin, professeur agrégé, École de criminologie, Université de Montréal
Francis Dupuis-Déri, professeur, Département de science politique, UQÀM

Examinatrice:
Julie Desrosiers, professeure titulaire, Faculté de droit, Université Laval

Président du jury:
Richard Marcoux, professeur titulaire, Département de sociologie, Université Laval