11 mars 2019

Heure: 14h
Lieu: Pavillon Charles-De Koninck, local 3470

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Plusieurs penseurs politiques au XXe siècle ont conçu le travail comme un versant nécessaire de la vie en société, mais sans en faire l’activité la plus élevée ou intéressante de l’humain. Que ce soit, par exemple chez Jürgen Habermas ou chez Hannah Arendt, le travail n’est pas considéré comme le cœur du politique: il est pénible, instrumental, nécessaire, peu enclin au logos, à la délibération et au relationnel. Le travail est ce dont on doit se défaire pour tendre vers le politique, qu’il soit conçu comme agir communicationnel ou comme action. Tout au contraire, Simone Weil pose le travail au centre de sa théorie politique. Un travail libre peut, dans le rapport qu’il suscite à soi et au monde, favoriser une des vertus politiques les plus hautes, mais aussi une des moins visibles, soit l’attention. Sous quelles conditions le travail actualise-t-il les capacités perceptives de l’être humain? En posant l’importance sociale de l’attention, nous analyserons les effets d’un travail oppressif sur les dispositions perceptives. Plus particulièrement, nous examinerons les conséquences inhérentes à l’impératif de la vitesse et celles associées au temps de l’horloge, en tentant de départager ce qui relève de la nécessité du travail de ce qui est engendré par différentes constructions abstraites.

 

[Dans le cadre des séminaires de Daniel Mercure, Capitalisme contemporain et transformations du travail (SOC-7162) et de Dan Furukawa Marques, Communautés politiques, coopération et économies alternatives (SOC-7108)]

 

Conférencière
Pascale Devette, professeure adjointe
Département de science politique, Université de Montréal