Soutenance de thèse - Akpelozim Lokoun
Heure: 13h à 15h
Lieu: DKN-3470
Description de l'événement
Entre arbitrage et corporatisme : Analyse comparée des trajectoires des relations civilo-militaires au Bénin et au Togo
- ID de réunion : 626 4396 2327
- Code secret : 549502
Résumé complet de la thèse
Cette thèse repose sur une analyse qualitative fondée sur le modèle des cas les plus similaires et sur des données documentaires. Elle examine l’évolution historique des relations civilo-militaires au Bénin et au Togo, deux pays présentant des trajectoires sociopolitiques et institutionnelles comparables, mais des différences marquées dans la configuration et la nature de ces relations. L’objectif est d’expliquer les raisons de ces divergences. Pour ce faire, la recherche s’appuie principalement sur la théorie de la dépendance au sentier, tout en intégrant une approche centrée sur les acteurs, afin de prendre en compte leurs interactions et leurs intérêts, essentiels pour comprendre les mécanismes sous-jacents des relations civilo-militaires. L’analyse révèle que la cause principale des divergences réside dans l’attitude initiale des armées face à la politique, exprimée lors des premiers coups d’État de 1963. Au Togo, le coup d’État du 13 janvier 1963, premier en Afrique francophone, s’inscrit dans une logique corporatiste, motivée par le faible intérêt des autorités pour les questions militaires. Il est mené par d’anciens soldats de l’armée française souhaitant intégrer l’armée nationale, avec l’appui d’une petite unité militaire existante. Au Bénin, en revanche, le coup d’État du 28 octobre 1963 répond à une logique arbitrale, dans un contexte de conflits civils empêchant la stabilisation politique. Ces logiques initiales, renforcées par des mécanismes d’apprentissage institutionnel et des rendements croissants, ont durablement orienté l’action des armées dans la sphère politique. La thèse souligne également que ces différences trouvent leurs causes permissives dans des statuts coloniaux distincts, qui ont façonné des processus d’indépendance divergents. Le Bénin (ancien Dahomey), colonie française, a accédé à l’indépendance dans un climat de coopération franco-dahoméenne, permettant à la France de conserver son influence sans chercher à la renforcer. À l’inverse, le Togo, ancienne colonie allemande sous tutelle internationale mais administrée par la France, a obtenu son indépendance sous supervision internationale, limitant le contrôle français. Cette situation a conduit la France à vouloir affirmer son influence, tandis que les autorités togolaises revendiquaient une indépendance pleine et entière. Ce bras de fer explique la dimension stratégique du coup d’État togolais et l’implication active des services français. Enfin, la coopération militaire avec la France a consolidé ces logiques initiales. Le Bénin a su transformer la coopération de substitution en coopération d’appropriation, favorisant la professionnalisation et l’apolitisme de son armée. Le Togo, en revanche, est resté dans une coopération de substitution, répondant aux intérêts conjoints de l’armée et de la France. Ce partenariat a maintenu l’armée au cœur du pouvoir politique depuis le coup d’État fondateur de 1963.
Membres du jury
- Alexandre Pelletier
- (Directeur de recherche)
- Aurélie Campana
- (Doyenne, Professeure titulaire)
- Francesco Cavatorta
- (Professeur titulaire)
- Cédric Jourde
- (Examinateur externe, Université d'Ottawa).