Soutenance de thèse - Brett Manzer
Heure: 9h à 12h
Lieu: Pavillon Louis-Jacques-Casault, local 3632
Description de l'événement
Closing the (Para)Diplomatic Gap? Sub-State Diplomacy in the State-Centric International System*
La durabilité du système international centré sur l'État est une question récurrente dans le domaine des relations internationales. Les régions, le niveau de gouvernement directement inférieur à l'État central, s'engagent dans leurs propres relations internationales, connues sous le nom de paradiplomatie. En tant que dimension internationale de la « montée » des régions, la paradiplomatie a été présentée comme un affaiblissement structurel du système international centré sur l’État : les régions comme la Californie, le Québec, la Bavarie et São Paulo se joignant à d'autres acteurs étatiques non souverains pour contester le monopole du pouvoir des États.
Cette thèse soutient que ce qui a été présenté comme un mouvement irréversible vers une représentation internationale pour tous les gouvernements régionaux est en fait un phénomène beaucoup plus contingent. L'objectif principal de cette thèse est d'identifier où l’activité paradiplomatique régionale se produit (ou ne se produit pas) et pourquoi. Elle constate que la paradiplomatie n'est pas un phénomène universel, ni dans ses causes, ni dans son occurrence. Différentes régions ont des chemins différents vers l’activité paradiplomatique - ou n'en ont pas du tout. Seule une minorité de régions ayant la possibilité de s'engager dans une activité paradiplomatique le font effectivement. Pour la première fois, cette thèse identifie un sous-ensemble de cas négatifs : les régions qui ne s'engagent pas dans une activité paradiplomatique bien qu'elles possèdent des attributs censés conditionner ce résultat.
*L'événement aura lieu en anglais
Résumé complet de la thèse
La durabilité du système international centré sur l'État est une question récurrente dans le domaine des relations internationales. Les régions, le niveau de gouvernement directement inférieur à l'État central, s'engagent dans leurs propres relations internationales, connues sous le nom de paradiplomatie. En tant que dimension internationale de la « montée » des régions, la paradiplomatie a été présentée comme un affaiblissement structurel du système international centré sur l’État : les régions comme la Californie, le Québec, la Bavarie et São Paulo se joignant à d'autres acteurs étatiques non souverains pour contester le monopole du pouvoir des États.
Cette thèse soutient que ce qui a été présenté comme un mouvement irréversible vers une représentation internationale pour tous les gouvernements régionaux est en fait un phénomène beaucoup plus contingent. L'objectif principal de cette thèse est d'identifier où l’activité paradiplomatique régionale se produit (ou ne se produit pas) et pourquoi. Elle constate que la paradiplomatie n'est pas un phénomène universel, ni dans ses causes, ni dans son occurrence. Différentes régions ont des chemins différents vers l’activité paradiplomatique - ou n'en ont pas du tout. Seule une minorité de régions ayant la possibilité de s'engager dans une activité paradiplomatique le font effectivement. Pour la première fois, cette thèse identifie un sous-ensemble de cas négatifs : les régions qui ne s'engagent pas dans une activité paradiplomatique bien qu'elles possèdent des attributs censés conditionner ce résultat.
Le premier chapitre empirique compare l'implication de 79 gouvernements régionaux dans la paradiplomatie. Ce chapitre crée quatre catégories basées sur la mesure dans laquelle un cas possède les attributs clés de l'activité paradiplomatique. Il mesure la façon dont les cas présentent les attributs de quatre conditions considérées comme propices à la paradiplomatie (autonomisme, spécificité, géographie et mondialisation). Les résultats d'une analyse comparative qualitative à base d'ensembles flous (fsQCA) montrent qu'aucune des quatre conditions testées n'est nécessaire à l'activité paradiplomatique, réfutant la croyance selon laquelle les revendications autonomistes, une identité régionale distincte, une situation géographique privilégiée ou un degré élevé d'ouverture commerciale sont nécessaires à l'activité paradiplomatique. Au contraire, l'activité paradiplomatique est mieux comprise comme un phénomène causalement complexe : différentes combinaisons de conditions sont suffisantes pour obtenir un résultat. Cette causalité complexe suggère que l’activité paradiplomatique n'a pas progressé et proliféré dans le monde comme on s'y attendait parce qu'elle n'est pas fondée sur des voies de causalité largement partagées, même entre les régions d'un même État central.
Le deuxième chapitre empirique analyse la Flandre et la Wallonie, deux régions considérées comme les plus aptes à combler le fossé entre la paradiplomatie régionale et la diplomatie d'État traditionnelle. Ce chapitre va au-delà des corrélations causales identifiées dans la fsQCA en ouvrant la boîte noire de la causalité et en analysant les interactions causales menant à l'activité paradiplomatique - et à la résistance à celle-ci. Les résultats de 38 entretiens avec des praticiens de la paradiplomatie et des décideurs politiques montrent l'importance de deux conditions supplémentaires qui n'ont pas pu être testées dans le cadre du fsQCA (réceptivité étrangère et réceptivité de l'État central). Le chapitre constate que la pleine expression de l'activité paradiplomatique est limitée par les craintes des États étrangers quant aux effets contaminants de la paradiplomatie, ainsi que par le contrôle de l'État central. Ces forces atténuent le potentiel perturbateur de la paradiplomatie pour les États et renforcent la position hiérarchique de ces derniers dans le système international.
Dans l'ensemble, cette thèse met en évidence la persistance du système international centré sur l'État et les défis auxquels sont confrontées même les régions les plus actives sur le plan international au sein de ce système.
Membres du jury
Louis Bélanger
Directeur de thèse
Professeur titulaire
Département de science politique
Université Laval
Anessa Kimball
Prof. titulaire
Département de science politique
Université Laval
Jonathan Paquin
Professeur titulaire
Département de science politique
Université Laval
Noe Cornago Prieto
Examinateur externe
Euskal Herriko Unibertsitatea
La soutenance sera sous la présidence de Jean-Frédéric Morin, directeur du programme de 3e cycle en science politique.