7 mai 2020

Heure: 9h00

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Titre:
Serbes du Kosovo, Serbes ou Kosovars ? Analyser le rôle de l’espace de vie dans la production des identifications au sein de quatre localités serbes au Kosovo

Résumé : 
Cette thèse a pour objectif d’analyser le processus de construction identitaire des populations serbes au Kosovo, en s’interrogeant spécifiquement sur le rôle de l’espace de vie dans la production et la réception des identifications produites par les institutions étatiques, religieuses et d’enseignements. Les cas d’étude sélectionnés — le quartier serbe d’Orahovac et le village de Velika Hoča, le village de Štrpce et celui de Gračanica — se distinguent par des configurations spatiales différentes qui nous permettent d’analyser plus directement l’incidence de ces espaces de vie sur la production des identités. Nous avons ici choisi les narratifs comme porte d’entrée pour appréhender le processus de co-constitution entre agent et structure, à partir duquel la construction identitaire est aujourd’hui généralement conceptualisée. À l’échelle de la structure, ce sont les narratifs institutionnels qui ont été étudiés comme producteurs de représentations. À l’échelle des agents, nous avons porté une attention particulière aux gens ordinaires et à la façon dont ceux-ci reçoivent et/ou produisent des identifications. Jusqu’à présent, peu de recherches ont porté attention à l’espace de vie des gens ordinaires dans le cadre du processus de construction identitaire. Cette recherche révèle pourtant que celui-ci agit comme un médiateur à la relation agent-structure et impacte la façon dont les individus reçoivent et produisent les identifications. En ce sens, cette thèse nous amène à souligner la distinction centrale entre narratif et représentation pour aborder la construction des identifications. Elle suggère également que les identifications sont principalement une question de degré. Considérant le rôle de l’espace de vie, il apparaît que celui-ci est à la fois producteur et produit des identifications individuelles, fournissant un exemple d’interaction entre agent et structure. Cette observation conduit à discuter les compréhensions trop rigides et objectives des espaces de vie, et la marginalisation des gens ordinaires et de leur performance dans l’analyse de la construction des identités collectives.

Membres du jury :

Aurélie Campana
Directrice de recherche
Professeure titulaire et vice-doyenne aux études
Département de science politique
Université Laval

Eric Montigny
Professeur adjoint
Département de science politique
Université Laval

Pauline Côté
Professeure titulaire
Département de science politique
Université Laval

Magdalena Dembinska
Examinatrice externe
Professeure agrégée
Département de science politique
Université de Montréal

La soutenance sera présidée par Thierry Giasson, professeur titulaire et directeur du Département de science politique.