Subsidies, Relocations, and Social Justice
Nouvelle publication de Sylvie Loriaux. Article paru dans la revue Moral Philosophy and Politic ...
Département de science politique
Professeure agrégée, Directrice de programmes 2e cycle en science politique
« Les limites du consentement. Une réévaluation du rôle que peut et doit jouer le consentement en politique, au travail et dans la vie intime » - financement CRSH – Développement Savoir (2025-2027)
Résumé
Que ce soit en politique, dans le monde du travail ou au cœur de notre vie intime, la notion de « consentement » est quotidiennement invoquée pour marquer la frontière entre relations légitimes et restrictions illégitimes de la liberté. Cette invocation se justifie par le fait que le consentement opère comme un transformateur normatif : consentir, c’est donner à un.e autre une permission qu’il/elle n’aurait sinon pas et donc renoncer à un droit; c’est parfois aussi se donner de nouvelles obligations. Pourtant, l’invocation du consentement comme critère de légitimité de nos relations se heurte aussi à d’importantes limitations. D’abord, il apparait que les conditions procédurales de validité d’un consentement — notamment, le caractère volontaire et informé de l’acte de consentement et la compétence du sujet consentant — sont plus difficiles à définir et à satisfaire qu’il n’y paraît. Ensuite, comme en témoignent la plupart des théories morales et des systèmes juridiques existants, il semble aussi y avoir des limites substantielles à ce à quoi une personne peut légitimement consentir. Ces limites procédurales et substantielles font apparaître la notion de consentement comme une notion particulièrement complexe et ambiguë, qui peut être mobilisée tant pour protéger la liberté que pour reconduire des relations existantes de domination, et qui nous demande d’aller au-delà de nos intuitions pour en proposer une analyse critique rigoureuse. Ce projet de recherche a pour objectif d’offrir une analyse philosophique critique du consentement en tant que critère de légitimité de nos relations politiques, de travail et intimes, et plus particulièrement, de a) présenter et comparer la façon dont la notion de consentement est mobilisée afin de légitimer des relations politiques, de travail et intimes; b) présenter et comparer les limites auxquelles se heurte l’invocation du consentement dans les domaines de la politique, du travail et de l’intime; et c) réévaluer le rôle que l’on peut et que l’on doit faire jouer au consentement en politique, au travail et dans la vie intime.
« L'envers de la liberté. Vulnérabilité, diversité et subordination dans la pensée politique kantienne » - financement CRSH – Développement Savoir (2023-2025)
Résumé
La pensée morale et politique d'Emmanuel Kant doit une grande partie de son attrait à la valeur absolue qu'elle accorde à l' « humanité » entendue comme capacité rationnelle d'agir selon la représentation de principes. Le caractère universel et inconditionnel des devoirs qu'elle génère en font une source d'inspiration majeure dans les luttes contre les injustices sociales et mondiales et contre l'instrumentalisation de l'humain. Cette conception de la dignité humaine est aussi souvent invoquée pour expliquer et justifier l'importance que revêt la liberté individuelle en tant qu'autogouvernement. Pourtant, les aspects qui expliquent l'attrait de la pensée morale et politique kantienne pour certains sont aussi à la base de son rejet par d'autres. Certains l'ont ainsi accusée 1) d'occulter la vulnérabilité et l'interdépendance propres à la condition humaine; 2) d'être incapable de reconnaître les êtres humains dans leur diversité; et 3) d'être source d'exclusion et de subordination. Ce projet de recherche repose sur l'hypothèse que, tant du côté des partisans que de celui des opposants au kantisme, une attention insuffisante a été portée à ce que l'on pourrait appeler l’ « envers » ou les faces cachées de l’idéal kantien de la liberté comme autogouvernement. Il a pour objectif de dévoiler ces faces cachées, et plus particulièrement, de a) identifier de quelle(s) façon(s) l'idéal kantien de la liberté comme autogouvernement intègre des considérations liées à la vulnérabilité, à la diversité et à la dépendance qui caractérisent la condition humaine; b) identifier de quelle(s) façon(s) Kant a pu développer une défense robuste de la liberté individuelle tout en justifiant l'existence de relations de subordination entre les hommes et les femmes, entre les personnes blanches et les personnes non blanches, et entre les citoyens actifs et les citoyens passifs ; et c) montrer comment la mise en lumière de ces deux faces cachées de l’idéal kantien de la liberté comme autogouvernement nous conduit à reconsidérer notre héritage libéral ainsi que certains des enjeux soulevés par la théorie politique contemporaine
«Droits territoriaux et possession commune originaire de la Terre» – financement FQRSC – Établissement nouveaux professeurs-chercheurs (2014-2017)
Résumé
Derrière nombre de questions centrales, et en apparence fort différentes, de la philosophie politique contemporaine se trouve une même question, logiquement antérieure: à quelles conditions un État peut-il légitimement exercer des droits territoriaux ― c'est-à-dire, contrôler et exclure autrui d'un domaine géographique particulier ― et quelle est l'étendue légitime de ces droits? Jusqu'à présent, cependant, la réflexion philosophique a été marquée par deux lacunes majeures: (1) les philosophes qui ont traité de questions transnationales et transgénérationnelles (telles que la pauvreté mondiale, l'immigration ou le changement climatique) ne se sont généralement pas interrogés sur la validité des droits que revendiquent les États «à» et «sur» leur territoire; et inversement, (2) les philosophes qui ont à juste titre reconnu la nécessité de soumettre les droits territoriaux à un examen moral rigoureux (notamment dans le contexte des conflits intra- et interétatiques) ont généralement manqué de voir que le champ de justification de ces droits ne peut être limité aux membres des États en question, mais doit s'étendre à la fois transnationalement et transgénérationnellement pour inclure les étrangers et les générations futures. Cette recherche entend combler ces deux lacunes en développant une théorie morale des droits territoriaux qui prend au sérieux l'idée normative de «possession commune originaire de la Terre».
Études postdoctorales (Université d'Anvers et Université de Nimègue)
Doctorat en philosophie (Université de Louvain)
DEC en éthique appliquée (Université de Louvain)
Licence en philosophie (Université de Louvain)
Candidature en philologie germanique (Facultés Universitaires Saint-Louis)
Membre régulière de l'Institut québécois des hautes études internationales
Membre associée de la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale
Membre du ECPR Kantian Standing Group
Membre du ECPR International Political Theory Standing Group
Membre de l’Association canadienne de philosophie
Membre de l’International Political Science Association
Membre de l’Association canadienne de science politique
Membre de la Société québécoise de science politique
Membre du comité de direction de la revue Les Cahiers du droit (2014-2019)
Évaluatrice externe F.R.S – F.N.R.S. (Belgique)
Nouvelle publication de Sylvie Loriaux. Article paru dans la revue Moral Philosophy and Politic ...