Hubert Armstrong

Portrait d'étudiant - Hubert Armstrong

  • Portrait
Hubert Armstrong est étudiant à la maitrise en sociologie avec mémoire sous la direction de Dominique Morin. Son mémoire s’intéresse à l’entrée dans la parentalité et le cheminement dans celui-ci des parents d’un ou de plusieurs enfants. Impliqué dans plusieurs projets, Hubert est auxiliaire de recherche et d’enseignement, employé au Ministère, rédacteur d’un futur numéro d’Aspects Sociologiques et papa à temps plein. Hubert a généreusement accepté s’entretenir avec le Bulletin. 

Bulletin de sociologie : Quel est votre parcours académique ? 

Hubert Armstrong : J’ai débuté mon baccalauréat en sociologie, ici à l’Université Laval, à l’automne 2011, pour une session plus tard le laisser sur la glace en raison d’une grève – historique – dont plusieurs se rappellent, j’en suis certain. J’ai complété mon baccalauréat à l’automne 2014 pour ensuite dès l’hiver sauter vers la maîtrise, à laquelle je suis toujours inscrit. Entre temps, j’ai eu la chance de travailler comme auxiliaire de recherche et d’enseignement, de réaliser un laboratoire de recherche des plus formateur, de faire des rencontres mémorables et de créer des amitiés qui resteront, j’en suis convaincu.  

BdS : Pourriez-vous présenter votre sujet de mémoire et votre intérêt pour celui-ci ? Quels constats s’en dégagent jusqu’ici ? 

HA : Mon mémoire porte principalement sur le chemin qui mène à la parentalité et celui qui mène, pour les parents qui ont plus d’un enfant, à la venue du dernier enfant. Autrement dit, je m’intéresse à la période de temps qui précède l’entrée dans la parentalité au même titre qu’au cheminement, autant individuel que conjugal, qui s’opère entre la venue du premier et du dernier enfant. L’intérêt que je porte pour ce sujet doit d’abord venir d’une idée souvent répandue dans l’espace public, mais aussi du constat empirique que l’âge du parent au premier enfant ne cesse d’augmenter depuis les trente dernières années et que le taux de natalité est en baisse. Bref, je voyais là un objet de recherche pertinent pour comprendre la signification que donnent les parents au fait d’avoir eu un ou des enfants, et de quelle manière ces derniers s’inscrivent dans leur parcours de vie. Bien que le terrain ne soit pas encore tout à fait terminé, les principaux constats qui ressortent des entrevues sont que les rapports à la parentalité se différencient beaucoup. Chez certains, le fait de devenir parent était comme une fatalité, en ce sens qu’il savait qu’un jour, il serait parent, sans toutefois en connaitre le moment exact. D’autres laissent murir l’idée très longtemps et attendent « le bon moment » qui nécessite la réalisation de plusieurs étapes dans leur vie : scolarité terminée, emploi stable, maison, conjoint(e) stable, etc. Enfin, d’autres ont pu passer dix, quinze voire même vingt ans en affirmant ne pas vouloir d’enfant pour ensuite arriver à un moment « charnière » de leur vie où la venue d’un enfant se devait d’être là ou jamais. Il y a donc plusieurs chemins qui mènent à la parentalité et il est très intéressant d’examiner les expériences et aventures qui façonnent les parcours de chacun.   

BdS : Vous préparez un numéro d’Aspects Sociologiques sur la famille. Pourriez-vous élaborer sur vos motivations dans la préparation de ce numéro ainsi que sur son processus d’élaboration ? 

HA : Oui, effectivement. Un peu dans la lignée de mon mémoire de maîtrise qui porte sur la « fondation d’une famille », l’idée de diriger un numéro sur la famille m’est venue naturellement avec ma complice Valérie Harvey. Ayant chacun un intérêt de recherche pour la famille et comme nous nous impliquions tous les deux dans la Revue Aspects sociologiques, nous avons décidé de préparer un numéro portant sur la famille et les diverses formes et dynamiques qu'elle englobe, que ce soit par l’entrée dans la parentalité, la grand-parentalité et les solidarités intergénérationnelles, le rôle des proches aidants, les rapports entre parent et parents-enfants, etc. Petit « scoop »! Son lancement devrait avoir lieu en septembre 2017, juste à temps pour la rentrée universitaire.  

BdS : Pourriez-vous décrire en quoi consiste votre emploi au Ministère de la Famille ? Y a-t-il des affinités avec votre sujet de mémoire ? 

HA : Je travaille depuis mai dernier au Ministère de la Famille principalement sur les parents qui doivent combiner études et vie familiale. Axé principalement sur les besoins de garde des étudiants-parents, le projet de recherche m’a amené à fouiller la littérature et les statistiques sur le sujet. Ce rapport devrait sortir l’année prochaine, tout comme un bulletin Quelle famille? dont la responsabilité m’a été confiée et qui dresse un portrait statistique des étudiants-parents au Québec. Ce bulletin devrait également paraître au cours de l'année 2017.  

On peut aussi voir dans ce projet des liens avec mon mémoire de recherche, puisque l’entrée dans la parentalité ne suit plus une séquence linéaire entre scolarité, marché du travail et fondation d’une famille. De nos jours, plusieurs poursuivent leurs études tout en fondant une famille et plusieurs autres effectuent un retour aux études tout en étant déjà parent. Dans les deux cas, on retrouve la même réalité, soit une articulation entre vie familiale et études – et pour une grande majorité, un travail salarié vient s’ajouter à l’équation. 

BdS : Vous êtes depuis près d’un an père d’une jeune fille. Comment se vit la conciliation travail-études-famille pour vous ? 

HA : Si vous trouviez que le concept de famille revenait un peu trop souvent à votre goût, eh bien je suis désolé de vous apprendre que je suis moi-même devenu papa à l’automne 2015 d’une merveilleuse petite fille. Consacrer du temps pour la famille, du temps pour les études et du temps pour le travail demande une organisation plus importante qu’auparavant, comme je m’y attendais. Cependant, une fois qu’on a réussi à tout articuler ensemble, on éprouve en sentiment de satisfaction qui nous motive à continuer.   

BdS : Quels sont vos projets pour la suite ? 

HA : Justement, cette motivation à continuer à faire de la recherche en sociologie reste toujours très présente. J’ai adoré mon expérience académique jusqu’à présent et je n’ai pas envie de m’arrêter là. Laissant toujours la porte ouverte à d’autres opportunités d’emplois, j’ai l’intention de m’inscrire au doctorat l’automne prochain. Et oui! Continuer de chercher, continuer d’apprendre… On y prend goût avec les années. Comme le dit si bien Fred Pellerin dans une de ses chansons : « L’important c’est pas de savoir, mais de jamais arrêter de chercher, pour ceux qui viendront après toé! ».