Les emplois après un baccalauréat en anthropologie

La formation de 1er cycle en anthropologie permet d’acquérir plusieurs compétences convoitées par les employeurs et est un atout quant à la flexibilité actuellement recherchée sur le marché de l’emploi.

Vos compétences convoitées par les employeurs

Pour faire carrière en anthropologie, on commence souvent par poser sa candidature pour un emploi requérant des compétences en sciences sociales et une formation universitaire dans un domaine pertinent. Vous développerez les aptitudes requises pour travailler en équipe dans un environnement interdisciplinaire comme par exemple: des habiletés en recherche qualitative, la capacité d’analyse et la rigueur professionnelle et rédactionnelle. Ces acquis vous permettront d’accéder à des postes intéressants.

Vos futurs domaines d’emploi

Lorsque vous serez diplômées et diplômés vous pourrez être recruté dans l’administration publique et parapublique, dans des organismes communautaires ou dans le secteur privé. Vous pourrez être sollicité pour intégrer une équipe qui a besoin d’une ou d’un anthropologue pour élargir la vision adoptée ou atteindre certains objectifs. Vous travaillerez entre autre chose sur des enjeux liés à la diversité dans le secteur de la santé, des droits et des services juridiques, des ressources humaines, de la publicité et du marketing. Vous trouverez dans la formation pratique offerte au Département une excellente préparation au marché du travail.

Julie-Christine Lainey agente de recherche et de développement culturel

Julie-Christine Lainey

Depuis 2010, Julie-Christine agit comme spécialiste de la culture huronne-wendat au sein de la petite équipe du secteur Culture, langue et patrimoine du CDFM, une division du Conseil de la Nation huronne-wendat. Son travail consiste à promouvoir la culture wendat afin d’en assurer la sauvegarde, la transmission et la diffusion en réalisant notamment des recherches sur la culture matérielle et immatérielle, en recueillant des récits de vie auprès des aînés, en mettant sur pied des ateliers de transmission des savoir-faire traditionnels, en organisant des événements culturels, en soutenant les artistes et les artisans de la communauté et en menant des enquêtes auprès des membres de la nation sur l’identité à l’heure de la contemporanéité. Dans le cadre de son emploi, elle effectue de la recherche de financement auprès de différents bailleurs de fonds et collabore avec différents partenaires à la mise sur pied de projets mettant en valeur la culture wendat.

Expériences professionnelles antérieures 
Alors qu’elle était à la maîtrise en anthropologie et qu’elle se destinait à une carrière de recherche terrain ou d’enseignement, Julie-Christine fut recrutée par le Répertoire des diplômés de la fonction publique qui recherchait, à l’époque, une personne habileté à travailler avec une clientèle autochtone. Il s’agissait d’un contrat de 6 mois comme gestionnaire de projets, responsable des programmes correctionnels pour délinquants autochtones au Service correctionnel du Canada. Son rôle consistait, entre autres, à s’assurer que les délinquants autochtones aient accès à des programmes et services adaptés à leurs besoins, à rédiger des politiques et des directives régionales sur les programmes et services aux autochtones et à former le personnel sur la culture autochtone afin de favoriser une meilleure compréhension interculturelle. Elle y demeura 7 ans. Par la suite, elle occupa un poste d’agente des services éducatifs auprès du Conseil en Éducation des Premières Nations, une commission de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador où elle travailla à mettre en place des programmes et des services qui répondent aux besoins culturels des élèves des écoles de bandes situées dans les différentes communautés des Premières Nations du Québec.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi 
Dans tous les emplois qu’elle a occupés, Julie-Christine considère ses études en anthropologie comme un outil important. En effet, l’anthropologie lui a permis de développer non seulement le sens critique, l’esprit d’analyse, le respect et l’ouverture envers l’Autre, mais également d’appliquer, au quotidien, une approche globale qui tient compte de la diversité des points de vue et des contextes, ce qui, selon elle, s’avère particulièrement utile pour expliquer les événements et enjeux passés ou actuels surtout dans le cadre d’équipe de travail multidisciplinaire.

Marie-Claire Giffard Journaliste à la recherche Ici Radio-Canada Québec anthropologie ULaval

Marie-Claire Giffard

Marie-Claire adore ce qu’elle fait. Sociable et curieuse, elle a suivi, au collégial, des cours en journalisme et en télévision (programme d’Art et technologie des médias du Cégep de Jonquière). Par la suite, après avoir complété un baccalauréat en anthropologie à l’Université Laval, elle a poursuivi à la maîtrise en communication publique, profil journalisme international.

En tant que journaliste à la recherche, Marie-Claire alimente en sujets et en invités les émissions diffusées à partir de la station de Radio-Canada à Québec. Elle doit rester à l’affût de l’actualité locale, nationale et internationale en plus de surveiller ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Grâce à son éventail très large de contacts, Marie-Claire réalise des pré-entrevues pour identifier les éléments de réponse les plus pertinents dans le but de préparer les invités à répondre aisément aux questions qui leur sont posées en onde. Son travail nécessite donc un excellent sens des priorités et une grande aisance en communication, puisqu’elle peut être appelée à intervenir pendant la diffusion. Finalement, Marie-Claire collabore quotidiennement avec la salle des nouvelles et les journalistes sur le terrain ; elle intervient dans la planification des émissions, à long terme, et en assure le suivi.

Expériences professionnelles antérieures
Marie-Claire a commencé dès la fin de sa formation collégiale, en 2003, à travailler comme journaliste. Elle a fréquenté les stations d’Edmonton et de Calgary avant de s’installer dans la Vieille-Capitale. Elle a également agi comme journaliste à la radio et à la télévision.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Entre le journalisme et l’anthropologie, Marie-Claire voit plusieurs affinités. Elle soutient même que les deux disciplines sont en quelque sorte des sœurs. Dans son métier de recherchiste, elle doit faire preuve d’un sens de l’analyse aigu. De fait, l’anthropologie, tout comme le journalisme, exigent d’avoir une vision large des événements et de questionner l’information proposée. Pouvoir réfléchir sur le monde, ainsi que sur les similarités et les différences entre les individus, est une habileté essentielle chérie par les deux domaines. Il faut être équilibrée dans la manière de traiter l’information, selon Marie-Claire, et viser l’impartialité, dans le but d’établir des relations de confiance avec les individus rencontrés. Son parcours en anthropologie a nourri son esprit d’analyse et sa curiosité pour l’humain et lui a procuré des outils qui lui permettent d’appréhender de manière ouverte mais critique le monde qui nous entoure et celui des Autres. Finalement, les compétences développées en anthropologie en cueillette et en analyse de données qualitatives lui servent aujourd’hui dans la réalisation de pré-entrevues et dans la classification des éléments de réponse fournis, selon leur pertinence, en fonction des enjeux abordés.

Charlène Guertin, Agente de développement social, Table des partenaires en développement social de Lanaudière

Charlène Guertin

Comme agente de développement social à la TPDSL, Charlène est responsable du dossier de la sécurité alimentaire pour l’ensemble de la région de Lanaudière. En coordonnant le Comité régional en sécurité alimentaire de Lanaudière (CRSÉA), elle assure le bon fonctionnement de la concertation régionale. En équipe avec 18 différents partenaires (ministères, regroupements, OBNL, etc.), Charlène participe à améliorer la qualité de vie des personnes vulnérables ou vivant en contexte de vulnérabilité, en réfléchissant à des actions innovantes, concertées et structurantes. Elle permet aussi une meilleure connaissance des enjeux et une réflexion riche autant au niveau local que régional.

Charlène a aussi œuvré plusieurs années dans le domaine municipal. En 2016, elle fut chargée de projet dans le cadre de l’Étude commerciale de la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) Matawinie, dans Lanaudière. Ce travail consista entre autres à dresser un portrait des besoins en commerces et services. En 2014-2015, toujours comme chargée de projet, elle participa à l’élaboration de la démarche Municipalité amie des aînés (MADA), qui relevait de douze municipalités et de la MRC de Matawinie. En 2012-2013, elle était déjà impliquée dans cette démarche, tout en œuvrant à l’élaboration de la Politique familiale municipale (PFM) pour le compte de quatre municipalités de la MRC d’Autray, dans Lanaudière. Les démarches PFM et MADA sont soutenues par le ministère de la Famille et le secrétariat aux Aînés ; elles s’étalent sur 24 mois. Elles visent la mise en place de plans d’action municipaux en vue d’améliorer la qualité de vie des aînés et des familles, via des interventions menées dans de nombreuses sphères de la vie telles que l’aménagement des lieux et des espaces publics, la sécurité, les services de santé, les services communautaires, l’habitation, les transports, l’information et les communications. Chacune des étapes de la démarche se veut participative et ancrée dans la communauté.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Dans le cadre de ces différentes expériences professionnelles notamment dans le cadre de développement de politiques publiques, Charlène a souvent recours à des savoirs anthropologiques. À son avis, quand l’anthropologie est au service du développement et de l’innovation sociale, elle offre des outils théoriques et pratiques efficaces et distinctifs. Elle fournit des « lunettes » à travers lesquelles il est possible de voir différentes réalités, ce qui ne semble pas toujours une évidence aux yeux de certains acteurs locaux et régionaux. Le portrait qui en résulte s’avère riche en éléments de réflexion et amène une meilleure compréhension du monde. L’anthropologie permet aussi de proposer des idées innovantes basées sur des initiatives couronnées de succès, ailleurs dans le monde, tout en tenant compte des particularités locales. Selon Charlène, il s’agit d’une qualité propre aux anthropologues et qui est convoitée par les employeurs.

André Martineau baccalauréat anthropologie ULaval

André Martineau

Après l’obtention de son baccalauréat en anthropologie au département, André a décroché un emploi comme recherchiste pour les services de radiodiffusion de Radio-Canada à Montréal. Plusieurs d’entre vous ont certainement déjà entendu la voix d’André Martineau à Radio-Canada, puisque de 2012 à 2015, il a conçu et animé l'émission radio « À rebours » qui présentait des rubriques historiques sous forme de courtes capsules quotidiennes. En 2015, il s’est joint à l'équipe de l’émission « Aujourd'hui l'histoire », pour laquelle il s’occupe de l'illustration sonore au moyen d'archives. Plus récemment, il se concentre principalement sur la réalisation de podcasts pour Radio-Canada ou en collaboration avec URBANIA et Transistor média. André est également collaborateur pour les émissions d’histoire MTL et Kébec, toutes deux diffusées à Télé-Québec respectivement en 2017 et 2019.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Selon André, les anthropologues sont très habiles à ébranler les certitudes sociales et c'est un enseignement qu’il considère très précieux dans le cadre de son travail. Ses études en anthropologie l’ont préparé au marché de l’emploi en lui donnant des outils pour réfléchir au-delà des stéréotypes et des idées reçues. La dimension théorique, qui occupe une place importante dans la formation en anthropologie, lui a permis d’être sensibilisé aux grands courants des sciences sociales du 20e siècle, ce qui lui est utile dans ses recherches pour mettre sur pied des rubriques historiques pertinentes. À ce sujet, il note que la capacité à faire de la recherche documentaire est un atout important en journalisme, et c'est là un autre apprentissage réalisé grâce à ses études en anthropologie.

Crédit photo : Radio-Canada/Sarah R. Champagne