Magali Paquin

Portrait d'étudiante - Magali Paquin

  • Portrait
Magali Paquin est doctorante au Département de sociologie ici à l’Université Laval. À la session d’hiver, elle donnera le cours Sociologie politique (SOC-2125), qui témoignera certainement de sa connaissance de l’Assemblée nationale. Afin de vous la présenter, le Bulletin lui a proposé de répondre à quelques questions.  

Bulletin de sociologie : Pouvez-vous décrire brièvement votre parcours académique et professionnel ? 

Magali Paquin : J’ai entamé mon doctorat en sociologie il y a de cela, ma foi… trop longtemps! Comme plusieurs doctorantes et doctorants, j’ai ralenti le rythme de rédaction de ma thèse pour nourrir les enfants. Je suis agente de recherche pour l’Assemblée nationale du Québec depuis 2013. Il faut dire que je gravite autour du Parlement depuis plus de dix ans. J’ai décroché la bourse Jean-Charles-Bonenfant en 2005-2006 après avoir complété un baccalauréat multidisciplinaire en sociologie, science politique et philosophie. Cette bourse est assortie d’un stage de dix mois à l’Assemblée nationale au cours duquel je me suis familiarisée avec les rouages de l’institution. Cette expérience m’a définitivement fait basculer du côté de la recherche. J’ai poursuivi mon cheminement académique à la maitrise en science politique, en m’intéressant particulièrement au processus de sélection et au profil sociodémographique des élus québécois. 

B.d.s. : Qu’est-ce qui vous a attiré vers la sociologie et quels sont vos principaux champs d’intérêts ? 

MP: J’ai d’abord découvert la sociologie sur le terrain, à travers les mouvements étudiant et altermondialiste du début des années 2000. Je n’avais suivi aucun cours de sociologie avant d’entamer mon baccalauréat. Ce fut un coup de foudre intellectuel ! Après une incursion de quelques années dans la science politique, c’est tout naturellement que je suis revenue à mes anciens amours… En tout respect des autres disciplines, je pense que la sociologie offre des outils conceptuels et méthodologiques d’une richesse exceptionnelle pour appréhender l’activité politique. Ceci dit, de par mon parcours multidisciplinaire, je n’hésite pas à me tourner vers l’histoire, l’anthropologie, le droit et évidemment la science politique pour enrichir ma vision et diversifier mes angles d’analyse. Je crois beaucoup en l’interdisciplinarité. 

B.d.s. : Quel est votre sujet de doctorat ? Quels constats s’en dégagent jusqu’ici de votre recherche ? 

MP: Pour le dire simplement, ma thèse porte sur l’évolution de l’activité parlementaire québécoise depuis 1960. Contrairement à ce que beaucoup pensent, les institutions politiques ne sont pas des structures figées. Elles évoluent sous l’impulsion des individus qui les habitent, des dynamiques qui s’y déploient. Et l’Assemblée nationale, tout comme les acteurs qui la composent – députés, personnel politique, personnel administratif, etc. – a énormément changé depuis la Révolution tranquille. J’examine d’abord les différents facteurs ayant contribué à ces transformations. Il s’agit par exemple de nouvelles règles et procédures, de développements technologiques ou de l’infléchissement du profil sociodémographique des élus. Cela m’amène à mettre en lumière différents processus à l’œuvre au sein de l’institution parlementaire (professionnalisation, institutionnalisation), mais aussi à dégager des configurations-clés propices à son évolution ou ayant contribué à sa persistance. 

B.d.s. : Pouvez-vous parler plus en détail du cours Sociologie politique (SOC-2125) que vous donnerez à l’hiver ? À quoi s’attendre ? 

MP: Nous appréhenderons « le » et « la » politique dans une perspective proprement sociologique. D’une part, nous nous familiariserons avec les notions, les concepts et les problématiques propres à la sociologique politique ainsi qu’avec certaines figures intellectuelles qui y sont associées. Ces fondements seront mis en relation avec des études de terrain et des observations contemporaines. J’attache une grande importance aux croisements et aux dialogues entre réflexions conceptuelles et observations empiriques. Par ailleurs, plusieurs exemples seront tirés de l’histoire politique contemporaine du Québec, qui est un formidable terrain d’étude pour la sociologie politique. Je présenterai plusieurs documents d’archives tels que des vidéos, des photos, des chansons, des poèmes… Le monde politique est l’un des plus abondamment documenté, il faut en profiter !  J’invite les personnes intéressées à consulter mon plan de cours provisoire et à assister au premier cours pour avoir un aperçu de la session. On va travailler fort, mais on va beaucoup s’amuser !